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Je contemple le temps au seuil des imaginaires. Je consigne expériences et mémoires sous la forme de fragments littéraires. En combinant ce travail à une démarche photographique et vidéographique, je m’intéresse aux manières dont le corps intègre la possibilité de son propre effacement. Par le biais de récits de solitudes, j’évoque un sujet qui peine à occuper son environnement. Cette trame narrative me permet d’aborder avec douceur les thèmes du présent de la perception, de son hors champ et de l’appréhension d’une fin à venir.

Par le biais de prises de vue en noir et blanc, j’investis des espaces (intérieurs domestiques, banlieues, lieux de passages…) et des moments d’absence. À l’aide de jeux de tonalités et d’éclairages, ces lieux sont présentés comme des scènes de théâtre. Ainsi, les personnages solitaires qui occupent ces décors sont réduits à de simples présences. Ces figures déréalisées errent dans un temps en crise, dont il semble impossible d’échapper.

En combinaison avec ces images, j’expérimente cette dispersion du sujet à travers l’écriture d’aphorismes littéraires. Ainsi, cette forme courte évoque pour moi la discontinuité de notre perception du réel. Les écrits que j’expose sous forme de fragments expriment un désir d’actualisation de ces éléments à l’intérieur d’un récit ou d’un projet à venir. L’insistance accordée aux motifs de la répétition, de l’oubli et du silence me permet de rendre compte de cette cassure du temps vécue par le sujet. Par ces moyens, je m’interroge comment ce temps de la crise est représenté et ressenti à travers la discontinuité de la pensée. La distance qui se crée entre le texte et l’image devient un interstice où ces thèmes peuvent être réactivés dans la temporalité du lecteur-spectateur.

Ces fictions troubles se matérialisent dans la page blanche abordée comme métaphore d’une disparition. J’emploie celle-ci comme un motif que j’investis autant dans l’image mouvement, dans l’image fixe ou à travers l’écriture. Par les gestes performés en interaction avec ce support délicat, je me questionne sur la manière dont les objets et les corps peuvent inscrire une présence dans un temps en dehors du temps linéaire, au seuil d’un effacement. La blancheur du support est répétée dans la présentation du travail où elle enveloppe ces gestes et récits de la présence active d’un silence.